lundi 4 mai 2015

Quand les MOOC séduisent l’Afrique francophone

L’engouement spontané des étudiants africains francophones pour les MOOC a surpris tout le monde. En Suisse, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) est particulièrement active sur le marché des MOOC. Mais en raison de la concurrence américaine, ses premiers cours sont en anglais.

Ce n’est qu’après avoir lancé ses premiers MOOC francophones en février 2013 que l’EPFL prend conscience de la demande en Afrique : 16 % des participants aux trois des quatre premiers cours qui totalisent 145 000 inscrits, y résident, « sans que l’école n’ait entrepris la moindre démarche pour les attirer » souligne Fabrice Delaye, journaliste économique. De son côté, le programme de l’Ecole Centrale de Lille décompte plus de 20 % d’étudiants africains sur 11 300 inscrits.

Au Congo et au Cameroun, « les MOOC donnent des ailes aux étudiants » rapporte Serge Michel, grand reporter au Monde. Non seulement parce que les « auditoires sont bondés, mal aérés et les sièges sont cassés » et que le nombre d’enseignants est insuffisant, mais aussi parce que au Congo, selon un étudiant, « les cours datent de l’époque des colons belges ». Grâce aux MOOC, ils suivent par exemple les cours plus modernes de Pierre-Yves Rochat sur les microcontrôleurs, complètent leur formation sans avoir à émigrer et se lancent ensuite dans la création d’entreprise.

Sous l’impulsion de Patrick Aebischer, président de l’EPFL, l’université a entrepris de capter cette audience (objectif : 100 000 étudiants) et lancé un programme de partenariats entre universités africaines et françaises (Rescif). Réponse du ministre de l’enseignement supérieur du Cameroun, Jacques Fame Ndongo, à l’image de l’accueil général : « nous comptons sur vous au-delà de ce que vous avez en tête ! ».

S’il reste encore de nombreuses barrières à lever, à commencer par la question de l’équipement et de l’accès Internet et de nombreuses questions à résoudre sur les problématiques de certification, le cap est fixé. L’EPFL bénéficie de plusieurs millions, venus de ses fonds propres, d’aides et de donations privées pour financer sa démarche. Pour Karl Aberer, doyen de la faculté d’informatique : « l’enjeu fondamental des MOOC est de déterminer qui va contrôler la distribution du savoir ».

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