mercredi 10 juin 2015

Du MOOC au SPOC : un nouveau modèle de formation en ligne

Le SPOC (Small Private Online Course) ou cours en ligne privatisé ou en petit groupe, a été inventé par Armando Fox, Professeur à l'université de Berkeley. C’est un nouveau format de l’enseignement à distance en petit groupe privé. Le concept se définit comme une évolution hybride des MOOCs par les milieux académiques. C'est une mouvance qui veut ré-adapter les MOOCs de façon plus locale.

C’est ainsi que depuis quelques temps, plusieurs personnalités de l’enseignement supérieur parlent de l’évolution des cours en ligne ouverts et massifs (MOOC) vers un autre modèle, plus réduit. Les SPOC, fonctionnent sur le même modèle «à distance» que leurs aînés mais comme leur nom l’indique, ils ne seront pas ouverts à tous, mais réservé à une trentaine de participants sélectionnés.

Le SPOC se caractérise par :
  • Une formation à distance (des regroupements peuvent être toutefois mis en place)
  • Une formation multimodale : le SPOC utilise généralement des vidéocast, des modules de E-Learning ou des fiches E-Reading, des séquences de classe virtuelle, des consignes pour exercer des activités expérientielles
  • Une progression pédagogique formalisée : le formateur fixe chaque semaine ou quinze jours un plan de travail permettant d'atteindre les objectifs définis
  • Une guidance importante : chaque apprenant peut bénéficier par téléphone ou e-mail ou tchat de l'accompagnement de son formateur.
  • Une pédagogie connectiviste : les apprenants peuvent échanger entre eux tout au long de leur apprentissage à travers la communauté formé par le groupe privé d’apprenants.

Sélectif, le SPOC ne devrait concerner qu’une trentaine de personne. On sélectionne un groupe plus réduit, ce qui permet à l’équipe encadrante de pouvoir mieux suivre les participants. On a besoin d’adapter le processus pédagogique à quelque chose de plus privé, de plus resserré, avec un meilleur suivi et une relation plus dense entre les apprenants, via la plateforme, ainsi qu’avec leurs tuteurs. Et la sélection se fera sur le même modèle que pour les Masters à l’université, sur dossier.  

Avec effectif réduit et suivi accentué, le SPOC sera diplômant, contrairement au MOOC qui ne délivre qu’un certificat. Un enjeu qui devrait assurer des chiffres de présence bien supérieurs à ceux des MOOC. On suit un SPOC pour obtenir un diplôme ou de nouvelles compétences. On devrait donc avoir un taux d’abandon très faible, sinon l’université aura des questions à se poser.

Visitez ces sites pour plus d’information :

lundi 8 juin 2015

Le rôle de MOOC dans l’innovation éducative

Le MOOC  a un grand impact sur les conceptions et les pratiques dans l’ensemble du système éducatif, au regard de questions aussi cruciales que celles touchant à la manière dont les étudiants apprennent, à la manière dont ils peuvent être au mieux formés et à la manière dont les ressources éducatives pourraient être plus efficacement organisées pour dispenser l’enseignement requis. Le MOOC est étroitement lié à l’innovation en matière de technologies d’information et de communication, à l’identification des nouveaux besoins pédagogiques et des nouvelles idées sur la manière dont les informations peuvent être consultées et utilisées dans la société de l’information. Le MOOC a en particulier la capacité de renforcer une approche de l’éducation plus axée sur l’étudiant et plus tournée vers le consommateur, aboutissant par là même à une relation plus approfondie entre les établissements d’enseignement d’une part et les organisations communautaires, le monde des affaires et de l’industrie de l’autre.

L’innovation qui touche à la manière dont les ressources sont organisées est essentielle, et le MOOC a montré combien le rapport entre le travail (c’est-à-dire l’enseignant) et le capital (c’est-à-dire la technologie) peut être amélioré pour se solder par une plus grande productivité. Contrairement au MOOC, les écoles et les universités de type classique restent organisées sur le principe que l’enseignement dépend d’une seule personne informée, transmettant des informations oralement à un petit groupe d’auditeurs dans une classe. Une multitude de personnes isolées sont chargées de l’organisation et du contrôle des informations, conçoivent leurs cours, assurent le processus éducatif, font office d’examinateurs, de motivateurs, de conseillers et d’évaluateurs pour une poignée d’apprenants. L’enseignement, autrement dit, reste organisé d’une manière artisanale et non comme un système. Avec le MOOC, il y a une plus grande spécialisation du travail et de l’investissement financier pour remplacer certaines activités humaines. C’est cette forme différente de structure qui rend la technologie efficace et aboutit à une réduction des coûts comme à un développement de l’accès.

Les professeurs d’un étudiant n’ont plus besoin d’être obligés de se réunir dans un seul endroit, pas plus que les étudiants d’un professeur n’auront à en faire de même. Où qu’ils soient, les étudiants pourront apprendre à partir des ressources pédagogiques, où qu’elles se trouvent. Aucun étudiant n’aura besoin de suivre les instructions d’un même professeur en particulier plutôt qu’un autre ; les étudiants pourront avoir accès aux enseignants de n’importe quel État ou pays à n’importe quel moment et quel que soit le cas de figure ; ils pourront avoir accès aux ressources d’information de n’importe quel État ou pays, à n’importe quel moment et quel que soit le cas de figure. Les étudiants - apprenants pourront également avoir un accès universel à l’aide et aux conseils.

Le MOOC est en ébullition et se développe avec une très grande rapidité. Cette montée en puissance amène bien des questions et des débats dans le monde de l’éducation. Avec ses forces et ses faiblesses, le MOOC est toutefois une réalité avec laquelle nous devons composer. Il faut maintenant s’assurer que son intégration dans les universités se fasse avant tout en considérant la qualité de l’enseignement et le rôle de l’université dans la société.

Il est évident que c’est en dialoguant que l’évolution de ce type d’enseignement se fera à l’avantage de la communauté étudiante. Pour cette raison, il serait assurément primordial que les différents acteurs du milieu universitaire se concertent sur l’enseignement en ligne. À cet effet, les étudiants devraient avoir une place importante dans les discussions, étant les principaux intéressés de cette révolution.